"Retour au collège": un auteur de BD passe quinze jours en classe de 3e
By a711 on Saturday, August 20 2005, 05:47 - Livre - Permalink
Un élève pas comme les autres a usé ses fonds de culotte, l'an dernier, dans un collège parisien: l'auteur de bande dessinée Riad Sattouf, plongé en immersion totale pendant quinze jours, en a tiré "Retour au collège", chronique de son expérience.
Publié chez Hachette littérature, "Retour au collège" sort le 31 août, à deux jours de la rentrée 2005. Autorisé par l'Education nationale à jouer les collégiens attardés à 27 ans, Riad a intégré un collège qu'il appelle "Charles-Henri", "un des trois meilleurs de France, dans l'arrondissement le plus huppé de la galaxie", ajoute-t-il.
Or, ces enfants de milieux ultra-aisés ("les recalés vont à Charles-Trenet de l'autre côté du périph" lui souligne-t-on) sont loin d'être des anges, encore moins des kadors. Chahuts, indifférence aux cours, insolence comme mode de vie, propos salaces et blagues racistes ("t'es feuj ou t'es zabra?" demande-t-on à Riad qui est d'origine syrienne) semblent être le quotidien au collège Charles-Henri.
Il y a de Bouvier, le clown de la classe, Thomas, le beau blasé, Marie qui sait tout, Lucie l'allumeuse, Romain le frustré. Il y a le clan des musclés, celui des jolies filles, le groupe des filles molles, celui des garçons boutonneux, affreux dans leur tête et leur peau. Heureusement, il y a Salomé, la belle, la douce mais ni Riad ni elle n'oseront même s'aborder.
Riad Sattouf ("No sex in New-York", "Manuel du puceau", "ma circoncision" et "Les pauvres aventures de Jérémie qui remportèrent le prix Goscinny en , familier des histoires exorcisant ses angoisses, a voulu avec "Retour au collège" exorciser ses propres cauchemars, récurrents plus de dix ans après avoir quitté son établissement à Rennes.
Ado prolongé, chez des ados semblant parfois plus adultes-revenus de tout que lui, il a réussi cette chronique drôlatique d'une plongée chez les gosses de riches et, finalement, ils ne sont pas si affreux que ça, juste mal élevés.